Housing and Land Rights

Sommet á Bogotá : plus de 1,500 personnes débattent pour des reformes urbaines et pour la justice dans la ville

Des organisations sociales Colombiennes ont organisé un sommet urbain national et une manifestation à Bogotá pour revendiquer le droit au logement, à la justice environnementale et un modèle urbain centré sur les habitants.
Plus de 1,500 personnes venues de plus de 12 villes de toute la Colombie se sont réunies à Bogota du 24 au 26 Octobre, au campus Macarena de l’Université du District Francisco José de Caldas, pour participer au 2e Sommet national des habitants 2.0 « La ville est pour qui? ». Ce sommet avait comme objectif de débattre sur la question qui prend les décisions concernant la ville, d’élaborer des propositions pour faire face á la crise urbaine et de coordonner les actions collectives locales en faveur d’une vie plus juste.

Lundi, le 26 Octobre, les participants ont pris part à la manifestation « Les villes contre Abelardo, Bogotá contre Galán », qui a défilé dans les rues pour faire entendre les revendications collectives face aux politiques ayant un impact sur la vie des citoyens, le logement, l’environnement, la sécurité et les territoires. Le même jour, à 9 h 30, les organisations sociales principales et les dirigeants engagés dans les questions urbaines ont tenu une conférence de presse au campus Macarena de l’Université du District de Bogotá.

Les organisateurs du rassemblement affirment que la situation actuelle se caractérise par une pénurie de logements, des expulsions et une urgence humanitaire dans les villes, les répercussions du séisme sur les conditions de vie des communautés, la progression de la gentrification et l'aggravation de la crise environnementale.

« On va se réunir pour partager nos expériences, élaborer des propositions et renforcer l’organisation collective locale. L’objectif principal est de faire avancer la Réforme Urbaine Globale axée sur les citoyens. Il s’agit d’un programme développé par l’organisation locale pour garantir le droit équitable à la ville, un logement décent et adéquat, la justice environnementale et la capacité des communautés à décider de leur présent et de leur avenir », ont déclaré les responsables sociaux soutenant le sommet.

Ces organisations affirment que, dans le cadre du débat sur le modèle de la ville et les réponses à apporter à la crise urbaine, les communautés se mobiliseront pour montrer qu’il existe des alternatives, fondées sur l’organisation, la solidarité et le pouvoir du peuple.

Des villes au service du capital, pas de leurs habitants

Parmi les graves difficultés auxquelles sont confrontés les citadins, la porte-parole Juliana Ramírez a expliqué : « Les villes sont des lieux où convergent de multiples formes d’oppression, dans la mesure où elles constituent également le terrain de prédilection du capitalisme, à travers la reproduction de ce modèle urbain qui exploite et dépossède. Certains de ces facteurs, par exemple, sont liés à la difficulté de trouver un logement, plus précisément au fait que des millions de foyers sont actuellement privés d’un logement décent. »

Des statistiques mettent en évidence l'ampleur de la crise : entre 4,8 et 5,2 millions de foyers dans le pays — soit environ 31 % des foyers Colombiens — sont sans domicile fixe, et 7,3 millions de personnes vivent dans des conditions de précarité en matière de logement, c'est-à-dire dans des appartements présentant des défauts structurels, construits avec des matériaux de mauvaise qualité et disposant d'un accès limité aux services publics.

Par ailleurs, les ménages appartenant aux 10 % les plus modestes dépensent jusqu’à 50 % de leurs revenus mensuels au loyer. De plus, l’année dernière, les achats de biens immobiliers sociaux ont chuté de 36 %, ce qui montre qu’il est de plus en plus difficile pour les gens d’accéder à la propriété.

D’où venait l’idée du Sommet ?

Avant le premier sommet, qui s'est déroulé en Septembre 2025 et a réuni près de 3 000 personnes venues de plus de dix villes du pays, une série de réunions, de journées d'action de communauté, de forums et de festivals thématiques a été organisée autour de diverses revendications sociales remettant en cause le modèle d'une ville conçue autour du capital.

En Juin cette année, le comité d’organisation s’est réuni pour analyser la situation actuelle, élaborer un programme de campagne, évaluer et élire ses propres porte-parole, et définir collectivement les mécanismes de prise de décision. Elle a également analysé le climat politique, formulé des commentaires sur le programme de campagne et organisé des spectacles artistiques.

Le programme du sommet

Au cours des trois jours du sommet, des débats, des rencontres entre organisations, des ateliers, des activités culturelles et l'élaboration collective de propositions ont été organisés. Cet événement a également permis d'écouter directement les témoignages de ceux qui défendent leurs domiciles, leurs territoires et leurs moyens de subsistance, et de découvrir des initiatives visant à relever les principaux défis auxquels sont confrontées les villes Colombiennes.

La conférence de presse du lundi 26 a permis d’engager un dialogue avec des porte-parole nationaux, de prendre connaissance des principales conclusions et propositions issues du sommet, et d’aborder les raisons politiques qui poussent les communautés à se mobiliser pour défendre le droit à la ville.

Available in
SpanishEnglishPortuguese (Brazil)GermanFrenchItalian (Standard)ArabicHindiBengaliRussian
Translators
Vivien Kovács, Pascal Pierre Kameim and ProZ Pro Bono
Date
04.11.2026
Source
Colombia InformaOriginal article🔗
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