L’Internationale Réactionnaire progresse sous de nombreuses formes. Parfois par le biais d’un scrutin. Parfois sous la lame d’un bulldozer. Parfois, sous la forme d’une ligne budgétaire consacrée aux armes.
Au Pérou, elle avance sous le nom d’ordre. Au moment où nous écrivons ces lignes, l’élection présidentielle du pays reste indécise : avec 100 % des bureaux dépouillés, Keiko Fujimori devance Roberto Sánchez de seulement 4 209 voix, tandis que 1 551 feuilles de décomptes, contenant chacune généralement entre 200 et 300 voix (de quoi décider de la présidence), attendent encore d’être examinées. L’un des héritages autoritaires les plus violents d’Amérique latine repose désormais sur une marge si mince qu’elle tiendrait dans quelques urnes.
Keiko Fujimori intitule son programme « Le Pérou dans l’ordre ». Le Pérou a déjà connu l’ordre fujimoriste. Le régime de son père avait fermé le Congrès, démantelé la Constitution, dirigé l’État par le biais des services de renseignement, orchestré des massacres et des stérilisations forcées, et fait de la corruption une méthode de gouvernement. Keiko Fujimori a fait sienne cet héritage : elle promet une « guerre frontale » contre la criminalité, un renforcement du rôle de l’armée et des services de renseignement, ainsi qu’un retour à la logique sécuritaire des années 1990.
En Albanie, l’ordre cède la place à une autre promesse : le développement. Là-bas, l’univers de Trump et Kushner, fait de richesse héritée, d’accès aux rouages de l’État et de luxe privé, a débarqué sur la côte. Jared Kushner et Ivanka Trump sont devenu·es les figures de proue d’un projet de complexe touristique menaçant Vjosa-Narta et l’île de Sazan : un paysage de lagunes, de dunes, de flamants roses, de phoques et de sites de nidification de tortues désormais marqué par des clôtures et des engins de chantier.
Des clôtures et des engins de chantier ont déjà fait leur apparition dans la zone protégée. Les travaux préparatoires ont commencé avant l’obtention du permis de construire ou la réalisation d’une étude d’impact environnemental officielle. La Commission européenne a averti Tirana qu’elle devait « agir sans délai », sous peine d’enfreindre les règles environnementales requises pour l’adhésion à l’UE.
Le slogan du mouvement de protestation est simple : « L’Albanie n’est pas à vendre ».
Les mouvements au Pérou et en Albanie sont tous deux, fondamentalement, des luttes pour la souveraineté. Fujimori propose l’ordre, et Kushner propose le développement, des promesses qui dissimulent un programme commun de mainmise du secteur privé, de déréglementation et de capitulation face aux intérêts des entreprises étrangères. Tous deux considèrent la démocratie comme un obstacle à leur programme.
Si l’on traite ces épisodes séparément, la tendance disparaît.
La semaine dernière à Bruxelles, l’Internationale Progressiste, la Fondation Rosa Luxemburg et transform! Europe ont organisé la première conférence de travail du Consortium de Recherche sur l’Internationale Réactionnaire. Chercheur·es, journalistes, juristes, data scientists et responsables politiques se sont réuni·es pour cartographier la machine : les piles technologiques, les flux financiers, les think tanks, les réseaux médiatiques, les opérations électorales, les alliances de sécurité et les intérêts des entreprises qui relient les forces réactionnaires par-delà les frontières.
L’Internationale Réactionnaire n’est pas dirigée de manière centralisée. Mais son essor n’est pas non plus le fruit du hasard. L’argent, les médias, les litiges, les plateformes, les tribunaux, les pouvoirs de police, les transactions foncières et les budgets consacrés à l’armement vont tous dans la même direction : s’emparer du pouvoir public, privatiser la richesse sociale et empêcher le peuple de se mettre en travers de leur chemin.
Les délégué·es à la conférence de Bruxelles ont discuté de la puissance de l’Internationale Réactionnaire, tout en soulignant qu’elle n’était pas invincible. Ses flux financiers peuvent être retracés. Ses failles juridiques peuvent être mises à l’épreuve. Ses stratégies d’information peuvent être décodées. Ses coalitions peuvent être divisées. Son appareil peut être démantelé. Il s’agit désormais de passer de la mise au jour à la perturbation, puis de la perturbation à la construction.
Dimanche, les rues de Bruxelles ont montré l’autre facette de ce travail. Sous la bannière « Le bien-être social plutôt que la guerre », des milliers de personnes ont défilé contre la militarisation et les projets de l’UE visant à augmenter de 800 milliards d’euros les dépenses d’armement, alors que les services publics, la santé, l’éducation, la lutte contre le changement climatique et la protection sociale sont mis en attente.
La militarisation n’est pas distincte de l’Internationale Réactionnaire. Elle en est l’une des formes les plus pures. La menace et l’usage de la force militaire constituent toujours son filet de sécurité, prêtes à attaquer et à démanteler tout processus révolutionnaire naissant qui ne se plie pas facilement à d’autres stratégies de subordination.
De Lima à Vjosa-Narta en passant par Bruxelles, le schéma est bien connu : les anciennes puissances coloniales se réarment, réaffirment leur contrôle sur les pays du Sud et démantèlent l’ordre social-démocrate qui a toujours été en contradiction avec la domination capitaliste.
Notre tâche ne consiste pas seulement à dénoncer ces manœuvres. Notre tâche est de les démasquer, de les perturber et de les vaincre en construisant une contre-internationale suffisamment forte pour leur faire face.
L’Internationale Réactionnaire est organisée. Nous devons l’être aussi.
Les travailleur·euses du secteur informel nigérian·es réclament une véritable démocratie
À l’occasion de la Journée de la démocratie au Nigeria, le tout dernier membre de l’Internationale Progressiste, la Fédération des organisations de travailleurs du secteur informel du Nigeria (FIWON), est descendue dans la rue pour dénoncer la pauvreté, le chômage, l’insécurité et les enlèvements. La FIWON a souligné que la crise sécuritaire au Nigeria est indissociable de l’exclusion des travailleurs et travailleuses du secteur informel (représentant 93 % de la main-d’œuvre) des régimes de retraite, des soins de santé, de la sécurité au travail et de la protection sociale. Pour les millions de personnes qui font tourner le pays, la démocratie a trop souvent signifié « la liberté de lutter seul ». La Fédération réclame une démocratie qui protège les travailleur·euses, sauve les personnes enlevées et garantisse la dignité de la majorité.
Faire payer Amazon pour la sécurité des travailleurs et des travailleuses
À Haldwani, en Inde, Narendra Prasad, 35 ans, et Amit Arya, 25 ans, ont trouvé la mort après qu’un incendie a ravagé un entrepôt d’Amazon. Selon la police, leurs corps ont été retrouvés à l’intérieur du bâtiment une fois l’incendie maîtrisé. Le président du syndicat des travailleurs d’Amazon Inde, Dharmendra Kumar, rapporte qu’une équipe d’enquête n’a trouvé aucune issue de secours, aucun système d’évacuation des fumées et aucun moyen pour que la fumée s’échappe. « Nous ne demandons pas l’impossible », écrit M. Kumar. « Nous demandons des issues de secours. » Par l’intermédiaire de leurs syndicats et de la campagne « Make Amazon Pay », les travailleur·euses en Inde et dans le monde entier réclament ce que les bénéfices d’Amazon devraient déjà garantir : des entrepôts sûrs, la négociation collective et le droit de refuser un travail dangereux.
Les habitant·es des bidonvilles sud-africains manifestent contre la criminalisation
Abahlali baseMjondolo, membre de l’Internationale Progressiste, a défilé vendredi 12 juin à Durban, Johannesburg et Mpumalanga contre le projet de loi sud-africain visant à modifier la loi PIE: une loi qui, selon le mouvement, criminaliserait les pauvres pour avoir occupé des terrains tout en ne s’attaquant pas à la crise du logement. Ce projet de loi renforcerait les pouvoirs de répression contre les « occupations illégales » dans un pays où la spoliation foncière héritée de l’apartheid reste sans solution et où des millions de personnes vivent encore sans logement sûr. La réponse d’Abahlali : la terre, le logement et la dignité.
La police kenyane fait une descente chez les organisateur·ices de Mathare avant le lancement d’un livre
La police a fait une descente dans les locaux du Mathare Social Justice Centre, membre de l'Internationale Progressiste, à la veille du lancement de From Mau Mau to Ruto Must Go, un ouvrage retraçant l’histoire de la résistance anti-impérialiste au Kenya, de la lutte des Mau Mau au soulèvement de la génération Z contre William Ruto. Les agent·es ont pénétré dans les locaux, interrogé les organisateurs, les organisatrices et perturbé les préparatifs. Le lancement a tout de même eu lieu. Cette descente a mis en lumière la continuité que retrace l’ouvrage : de la répression coloniale aux attaques actuelles contre les centres de justice sociale, les dirigeant·es kenyan·es craignent toujours la mémoire organisée de la terre, de la liberté et de la résistance.
5 juin – Rassemblement à Jamba
La soi-disant « Internationale Démocratique » s’est réunie dans le sud-est de l’Angola le 5 juin 1985. Financé par Lewis Lehrman, un millionnaire et ancien candidat républicain au poste de gouverneur, ce rassemblement à Jamba a réuni des représentant·es des Contras nicaraguayen·nes, des moudjahidines afghan·es, des réels laotien·nes et de l’UNITA de Jonas Savimbi, qui a accueilli la réunion dans son quartier général opérationnel.
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9 juin – La révolution du Dhofar
Le 9 juin 1965, le Front de libération du Dhofar (DLF) a annoncé le début de la lutte armée contre le sultanat de Mascate, soutenu par les Britanniques, à Oman.
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Le révolutionnaire marxiste Ernesto Che Guevara est né à Rosario, en Argentine, le 14 juin 1928.
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